24 mars 2007
Les différents types de terminaux
Les expérimentations menées pour l'instant en France explorent deux
normes différentes. Le DVB-H, présent dans trois tests, est un dérivé
de la TNT. Il utilise la fréquence 7 MHz et permet de recevoir de 20 à
30 chaînes. Le T-DMB, une norme coréenne, serait plus facile à mettre
en place car nécessitant moins de fréquences (1,5 MHz).
Pour faciliter les expérimentations, les opérateurs mobiles, les
groupes audiovisuels, les constructeurs et les prestataires techniques
se sont regroupés en pôles. Les passerelles sont plus évidentes dans le consortium réunissant Canal
Plus, SFR, Nokia et Towercast. Ceux-ci ont choisi de tester la
télévision en DVB-H sur le Smartphone Nokia 7710. Actuellement, 250
abonnés Canal Plus et 250 abonnés SFR expérimentent la technologie et
serviront de référence marketing. Ils ont accès à une quinzaine de
chaînes.
Smartphone Nokia 7710
Si Canal Plus et SFR ont choisi un Smartphone comme modèle de test,
avec un écran large et des fonctionnalités
étendues, le consortium Orange-Bouygues Telecom-TPS a préféré un
prototype, le "My MobileTV" de Sagem, doté d'un format d'encodage vidéo
Mpeg4 H.264. Le téléphone disposera ainsi d'un accès aux portails
i-mode et Orange World.
Deux choses distingueront les futurs mobiles récepteurs de
télévision : un tuner DVB-H intégré et une nouvelle antenne. Pas besoin
donc, a priori, de se muscler les épaules : les nouveaux équipements ne
seront pas plus encombrants qu'aujourd'hui.
L'un des enjeux du secteur est donc de miniaturiser les terminaux tout en
conservant une qualité d'image satisfaisante. Les prochains mois
verront donc les acteurs en présence rivaliser d'imagination pour
développer l'ergonomie de leurs modèles. La discrétion des nouveaux
composants (récepteur DVB-H) marque une première étape.
Les prochains téléphones n'en oublieront pas les applications
traditionnelles. Appareil-photo, haut-parleur, connexion Internet,
Palm, Bluetooth, disque dur : on en oublierait presque qu'ils pourront
aussi... téléphoner. Tout cela avec des dimensions qui restent
raisonnables.
Les téléphones en test sont aussi raccordables à différents ports,
enceintes ou clé USB par exemple. Ils laissent ainsi entrevoir de
grandes possibilités dans le domaine des applications partagées, du
téléchargement et de la convergence avec le PC.
Selon Informa, le parc mondial de téléphones recevant la télévision pourrait être de 83 millions en 2010.

Interview de Michel Combes, PDG de TDF
Michel Combes, le PDG de TDF (Télédiffusion Française), revient lors d'une interview accordée au site Clubbic (http://www.clubic.com) sur l'avenir de la télévision
mobile, sur le choix d'une norme Européenne unique, la DVB-H et sur les
nouveaux services crées autour de ces technologies de diffusion.
Quel est le rôle de TDF dans le développement de la télévision mobile en France ?
La télévision est déjà une réalité sur les réseaux des opérateurs télécoms mais ces réseaux ne sont pas conçus pour diffuser les programmes à une large audience, ce qui est le propre des réseaux de diffusion comme ceux qu'exploite TDF.
Une nouvelle étape consiste donc à passer par des normes de diffusion
ce qui nécessite de déployer un nouveau réseau d'infrastructure
utilisable sur des terminaux « multi normes » : Wifi, GSM, UMTS et
DVB-H. En fonction du programme qu'il voudra regarder, le terminal de
l'utilisateur final se connectera au réseau le plus approprié : réseau
mobile pour la vidéo à la demande, réseau de diffusion pour la
consultation des programmes en temps réel. Ces programmes pourront donc
être reçus sur des téléphones mobiles, mais aussi sur des récepteurs de
poche, du type de ceux que propose Archos par exemple.
Où en est le développement de la télévision mobile chez TDF ?
Le métier de TDF est de déployer des infrastructures mutualisées pour
le compte de tiers. Nous sommes candidats au déploiement du réseau de
diffusion DVB-H pour le compte de chaines de télévision et d'opérateurs
télécoms. Le cadre législatif en cours de discussion au Parlement
prévoit qu'une fréquence sera consacrée la télévision mobile
personnelle, l'attribution de la ressource restant du ressort du
Conseil supérieur de l'Audiovisuel.
Les éditeurs attributaires de cette ressource vont former un opérateur
multiplex qui devra ensuite faire construire un réseau à grande échelle
et passer des accords commerciaux avec les distributeurs de contenu
pour enfin toucher le client final.
TDF se positionne comme prestataire technique pour construire le réseau
de diffusion pour les différentes partenaires. Nous faisons d'ailleurs
déjà la même opération en Finlande ou nous sommes en train de
construire le réseau DVB-H pour une ouverture commerciale dans les
semaines qui viennent.
Comment s'est fait le choix technologique pour sélectionner une norme de TV mobile française ?
La normalisation fait l'objet de travaux à l'échelle européenne dans le
cadre d'organismes comme l'Etsi, qui associent les industriels et les
opérateurs de service. Le DVB-H, qui est la norme proposée pour la
téléphonie mobile (H signifiant « hand-held ») fait partie de la
famille des normes DVB (digital video broadcasting) déjà connue avec le
DVB-S (satellite) ou le DVB-T (terrestre, autrement dit la TNT). En
télévision, la norme doit faire en outre l'objet d'un arrêté du
ministère de l'Industrie, et fait actuellement l'objet d'une
consultation.
Avec l'ouverture des premiers réseaux DVB-H en Italie et en Finlande,
il est possible de voir que c'est une norme qui se propage en Europe.
Il est important qu'émerge une norme Européenne pour le succès de
l'offre et une baisse associée du prix des terminaux. Le DVB-H devrait
donc devenir un standard, à l'instar du GSM pour les téléphones
mobiles. Le forum de la Télévision Mobile a préconisé l'adoption du
DVB-H comme norme en France. Dans le même esprit, le ministre délégué à
l'industrie François Loos préconise l'ouverture d'un réseau DVB-H par
pays Européen.
Le DVB-H est certes répandu en Europe mais certains pays comme
l'Angleterre préfèrent plutôt passer par une norme DMB pour la
télévision mobile…
En Angleterre, il y a une autre problématique concernant la
disponibilité des fréquences. Il n'est en effet pas possible de
déployer un réseau DVB-H avant que le réseau analogique soit arrêté. Ce
n'est pas le cas en France. De plus, le DMB est limité au niveau du
nombre de programmes disponibles sur une fréquence.
Vous avez annoncé la semaine dernière un taux de couverture en DVB-H de
70 à 80% de la population des 100 plus grosses unités urbaines soit...
seulement 30% de la population française. Vers un retour de la fracture
numérique pour la TV Mobile ?
Il s'agit d'une première étape. A terme, avec 1 000 unités urbaines,
nous pouvons viser une couverture de 70% de la population française. Le
niveau de couverture dépendra des opérateurs et des éditeurs.
On parle souvent de télévision mobile mais moins souvent de radio
numérique mobile ou d'échanges de données en DVB-H. Travaillez-vous
déjà sur ces deux points ?
C'est à nouveau aux éditeurs et opérateurs de choisir de telles
technologies. Nous sommes à l'aube d'une révolution majeure et tout le
monde n'a pas encore appréhendé l'ampleur de ses possibilités. Le
mobile va s'imposer comme le quatrième écran personnel portable
derrière le cinéma, la télévision et le PC. Le mode de consommation
d'image va donc être différent, tout étant encore à inventer dans ce
domaine.
Il y a par exemple des interactivités à trouver entre les réseaux 2G/3G
et les réseaux DVB-H pour participer à une « TV 3.0 » autorisant la
diffusion de la chaine ou des produits dérivés, le tout en complément
d'informations. De même, pourquoi ne pas proposer aux utilisateurs
finaux de créer ses propres programmes pour mettre au point une sortie
de YouTube de la télévision sur mobiles ? L'objectif est d'avoir un
réseau de diffusion et une interactivité associée pour construire de
nouveaux projets et produits.
Concernant la radio, il y a actuellement en parallèle au DVB-H une
consultation sur sa numérisation qui vise à choisir une norme propre de
diffusion. En France, les différents acteurs semblent plutôt en faveur
du DMB, le ministre de l'industrie devant encore valider ou non ce
choix.
Les premières offres commerciales de télévision sur mobile en France
seront-elles prêtes pour la coupe du monde de rugby en septembre 2007 ?
Le ministre de la culture et de la communication, Renaud Donnedieu de
Vabres, s'est exprimé au Sénat pour que la télévision mobile arrive
pendant l'été 2007 en France.
En 1968, nous avons vu les premiers écrans de télévision couleur ; en
1998, nous avons assisté à la naissance de la télévision numérique.
L'année 2006 est l'année de la télévision HD [NDLR : Haute Définition]
et nous espérons que l'année 2007 sera l'année de la télévision sur les
mobiles.
Tous les acteurs du marché on indiqué se mettre en position pour voir
les premières offres commerciales de télévision mobile à l'occasion de
la coupe du monde de Rubgy. De même, tous les acteurs européens
proposeront en 2007 une offre de TV mobile.
Propos recueillis par Alexandre H.
Etat du marché (étude Zandan)
Le baromètre Zandan-JDN (Journal du Net) mesure ce mois-ci les débits moyens constatés en situation de vidéostreaming et de TV live. Ces services captent une bonne part des investissements des 3 principaux opérateurs dans le haut débit mobile. Les perspectives entrevues en 2006 permettent de fonder de bons espoirs pour l'année 2007. SFR et Orange ont ainsi annoncé avoir franchi à la fin de l'année 2006 le cap des 6 millions de clients cumulés en haut débit mobile (3G, 3G+ et EDGE).
| Baromètre mensuel Zandan-JDN sur les services haut débit mobiles : videostreaming et TV live |
|
| Opérateur | Débit moyen en kbits/s (janvier 2007) |
|
Bouygues Telecom Edge |
74 |
|
Orange Edge |
49,49 |
|
Orange 3G |
100,95 |
|
SFR 3G |
80,58 |
|
SFR 3G+ |
171,11 |
| Source : Zandan, janvier 2007 | |
La société Zandan, qui édite des logiciels de tests dans le domaine
mobile, a comparé les débits de chacun des réseaux haut débit
mobile : Bouygues Telecom Edge, Orange Edge, Orange 3G, SFR 3G et 3G+.
Les tests ont porté sur le visionnage d'une chaîne de télévision
(France 2) en streaming sur des téléphones portables. Le débit constaté a une influence sur le démarrage de la vidéo et sur la fluidité du visionnage. Les mesures effectuées en janvier 2007 ont été réalisées à la BTS
de la Gare du Nord à Paris tandis que celles de juin 2006 sont issues
de la BTS Strasbourg-Saint Denis.
La 3G atteint des niveaux de performance suffisants pour afficher les
vidéos dans de bonnes conditions. La 3G de Orange dépasse les 100
Kbits/s et celle de SFR atteint 80,58 Kbit/s. Des débits proches des
possibilités théoriques offertes par la 3G. Les résultats visuels
dépendent cependant des arbitrages effectués par les opérateurs en
matière d'encodage des flux vidéo et des choix en matière de bande
passante.
"En dessous de 70 Kbit/s l'image a tendance à pixelliser et le flux
peut également s'interrompre. Certain opérateurs choisissent parfois de
réduire la taille de la vidéo pour gagner en fluidité. Bouygues et son
réseau Edge s'en tire d'ailleurs bien avec un débit de 74 Kbit/s",
précise Gregory Jaen, opérations manager chez Zandan. Le réseau Edge de
Orange reste pour sa part sous la barre des 50 Kbit/s.
Le réseau HSDPA (3G+) de SFR
permet pour sa part d'atteindre un débit de 171,11 Kbit/s en
augmentation depuis novembre 2006 où le baromètre Zandan indiquait un
débit de 166,73 Kbit/s sur le téléchargement d'un mail avec pièce
jointe. Les performances du réseau HSDPA de Orange devraient bientôt
être prises en considération par le baromètre Zandan. L'opérateur a
étendu son offre professionnelle 3G+ à Paris en janvier 2007 après
l'avoir proposée à Lyon, Nice, Marseille, Toulouse, Bordeaux et
Montpellier. Bouygues Telecom prévoit un lancement du HSDPA pour le
premier trimestre 2007.
Source : http://www.journaldunet.com/
23 mars 2007
En Italie
1 an après le lancement de la DVB-H, 3 Italia a annoncé quelques 300 000 abonnés à son nouveau service de télévision mobile. La croissance n'est pas celle attendue lors du lancement du service (500 000 abonnés fin 2006), en dépit de l'engouement pour ce service au moment des fêtes de noël.
Actuellement plus d'une douzaine de chaines sont proposées.
Les Italiens pour avoir bientot regarder la télévision sur des appareils dédiés grace au partnership avec le constructeur Quantum qui proposera un appareil portable DVB-H doté d'un écran de 10cm (4,3 inch), appelé QTM 1000. Cet appareil sera capable de capter 12 stations dont SKY, RAI et mediaset. D'autres fonctionnalités comme le GPS sont à l'etude. Pour le moment aucun prix n'est rendu public... Des informations complémentaires au printemps...
Quel modèle économique?
Pour le moment, le DVB-H se heurte toujours à 2 obstacles majeurs, le coût et la qualité de réception en Indoor. Concernant le premier point, des tests et améliorations sont en cours. Cependant pour réduire le coût, le DVB-H est toujours à la recherche d'un modèle économique. Pour remédier à ce problème UDCAST propose d'augmenter les revenus grâce à la publicité et notamment la publicité adaptée localement.
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